Un p'tit vélo dans la tête | |
Bonjour le Canada !
10:50, 8/05/2007
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Bonjour le Canada ! Dans la carlingue du 707, le nez collé au hublot, je me perds dans mes songeries. Je suis dans l'avion qui me conduit vers la grande aventure. Je pense que c'est à l'instant ou le"si" devient "quand", c'est à l'instant ou le rêve devient réalité, c'est à cet instant là que je vois le début de l'aventure avec un grand "A". L'incertitude du voyage ne manque pas de provoquer une petite pointe de doute et d'inquiétude mais la soif du curieux reprend vite le dessus. La peur, principale réticence du casanier invétéré, n’est pas compatible à ma philosophie. Le voyage, ce virus dont on ne guérit pas, enrichit le pratiquant. Amant de la liberté, je veux désobéir aux contraintes de notre société de consommation, rompre avec les servitudes de la vie sociale et professionnelle ordinaire, découvrir des modes de vie étrangers, je veux sortir du moule et m’enivrer d'essence d'esprit. Le voyage à bicyclette interpelle par son originalité. Cette nouvelle approche, je l’espère, sera certainement plus piquante, hors des sentiers battus par le touriste ordinaire. L’autochtone, j’en suis sûr, me regardera d’un autre œil et m’abordera plus facilement. Au-delà de cette approche plus humaine, reste la prouesse sportive. Ce ne sera pas un chalenge ! Je resterai dans les limites de mes capacités. Certain s'interroge sur la barrière linguistique. Je leur réponds qu'il n'existe pas de frontières pour l'expression du geste et du sourire. L'universalité du sourire ne se traduit pas, elle s'exprime et se ressent comme telle. Mes rudiments d’anglais et d’espagnol devront suffire à l’essentiel, la gestuelle fera le reste ! Aéroport de Vancouver, une fois les formalités douanières passées, les questions de l'office de l'immigration résolues, je prends pied sur le sol canadien. Et il fait froid! 18°, quel contraste avec mes 30° de la République Dominicaine! A la sortie de l'aérogare, je suis amusé par la longueur interminables des limousines garées le long du trottoir, attendant ou espérant un illustre passager. Restons modeste! Un bus suffira pour m'emmener dans le centre ville. Avec pour toile de fond les Montagnes Rocheuses enneigées, les gratte-ciel désignent le cœur de ville. Cette ville me rappelle Karlsruhe en Allemagne. Le flot des voitures glisse silencieusement dans les larges avenues, agrémentées d’îlots de calme et de verdure. En matière d’hébergement, je jette mon dévolu sur l'auberge de jeunesse, la solution la moins onéreuse pour visiter l'Amérique du Nord. Elles sont équipées de cuisines collectives avec frigo et casiers individuels ainsi que de tous les accessoires nécessaires à l'élaboration d'un repas. Durant cinq jours, j'écume la ville en quête de marchand de bicyclettes. Je n'ai pas l'intention de m’éterniser dans cette ville aussi agréable soit-elle. Une liste type photocopiée à la main, je définis mes critères aux vendeurs : solide, léger, bon marché et confortable ! L’auberge de jeunesse, proche d’un quartier populeux, fourmille de vacanciers et travailleurs saisonniers de tout âge. La cuisine, à l’heure des repas, est infréquentable, il faut viser juste pour s’approprier une poêle ou une casserole, un feu de cuisinière, une chaise et un coin de table. Dans un baragouin international, avec une prédominance d’anglais, des courtoises civilités s’échangent. Les habitués guident les novices et tentent le dialogue. Comme par enchantement, les nationalités se regroupent par affinité, se poussent des fesses et du coude pour accueillir le nouvel arrivant. Ce soir, alors que je mange mes pâtes à la tomate cuisinée avec Amour, un homme s'assied face à moi. La cinquantaine, les cheveux grisonnants en bataille, les yeux globuleux, démesurés par les loupes de ses lunettes, son ventre rebondi le handicape pour s’installer. Sans un regard ou un mot, il prend ses aises et dépose son assiette devant lui. L’œil en coin, je l’observe et m’avoue une grande lacune dans mes connaissances gastronomiques lorsque je découvre son assiettée. C’est une espèce de sandwich composé de deux galettes de riz soufflé, enduites de beurre de cacahuètes, tartinées de confiture de framboises qui elle-même est ensevelie sous une couche de thon à l'huile. Mais apparemment, notre homme n'était pas satisfait de ses talents culinaires. Il jugea préférable de faire séjourner son plat quelques secondes au four à micro-ondes. Une fois la mixture engloutie, il se cuisina une bonne poignée de spaghettis dissimulés sous une couche de ketchup et de mayonnaise sucrée à souhait! Je me dépêche d'avaler mon assiette pour éviter une prochaine recette! Prenant un moment de détente, lors d’une promenade à Jéricho Beach, un parc à l'écart de la ville qui longe English Bay, je crois perdre mon porte-monnaie que je retrouve trop tard dans ma chambre. Condamné à espérer un virement de ma banque, je profite de ce repos forcé pour rendre visite au Centre Culturel Francophone de Vancouver, animé par une chaleureuse équipe qui essaie de promouvoir l'emploie de la langue française. Ils sautent sur l'occasion de me connaître pour me photographier et prévoient d'écrire un petit article dans leur journal local, L'Express du Pacific. Je fais aussi quelques apparitions chez mon marchand de bicyclette. Sa boutique, par sa proximité, m’est facile d’accès. Je sympathise avec les monteurs, tous passionnés de la petite reine. Le patron me suggère de faire un détour par Douglas Lake pour rencontrer un de ses amis, propriétaire du plus grand ranch du Canada. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 4 sur 7 } { Page suivante } |
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